AP | 06.04.2008 | 04:14

Ségolène Royal estime dans un entretien au JDD qu'il est "encore temps de menacer de boycotter les JO", avant de prédire un "pic de la répression et des assassinats" en Chine pendant l'événement sportif international.

"Il est encore temps de menacer de boycotter les JO", affirme l'ancienne candidate socialiste à la présidentielle, dubitative de l'intérêt d'un boycott de la seule cérémonie d'ouverture.

"A quoi cela rime? On ne va pas aller à la cérémonie, puis participer aux compétitions sportives", pointe-t-elle.

Selon elle, "les brassards, les drapeaux, les banderoles, c'est mieux que rien, mais c'est se donner bonne conscience à peu de frais".

Mme Royal se dit "convaincue que le pic de la répression et des assassinats aura lieu pendant les JO". "Les Chinois vont aller jusqu'à narguer les démocraties", prévient-elle.

Et de conclure sur un appel à la fermeté: "Quand on est très fort sur des valeurs, cela bouge. Quand on fait preuve de lâcheté, la force va à la dictature". AP

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par Pierrette Fleutiaux

Déclenché par l'apparition d'une femme en campagne pendant les élections présidentielles, un texte pénétrant et généreux, drôle aussi et tonique, qui dit par séquences, par fragments, par sursauts, ce qu'est et ce que peut être le féminin, ce à quoi on voudrait le réduire et à quoi parfois il se réduit lui-même.
 

"C'est le livre le plus audacieux qui soit...Pierrette Fleutiaux s'efforce de ne pas dévier, de creuser ce que la simple présence de la candidate socialiste a permis de dégager... Elle le fait en écrivain, avec ses outils familiers, le récit, la métaphore." Libération 6 mars, Claire Devarrieux.

On voit passer réflexions, sursauts, éblouissements, souvenirs, doutes et questionnements qui ont marqué la vie d'une femme et qui soudainement ressurgissent à l'occasion d'une campagne présidentielle où apparaît une candidate.

Une candidate que l'auteur n'a jamais rencontrée, mais dont la seule présence déclenche de toutes parts des réactions révélatrices des préjugés, des idées reçues, des tendances sournoises. Mais aussi, chez l'auteur, indignation, colère, amusements et attendrissements, révolte rétrospective.

Livre qui passe avec une alacrité magnifique de l'intime à l'unanime, de la solitude à la multitude, de soi à l'autre, aux autres.

Livre où l'interrogation remplace l'injonction, et qui a par endroits saveur anthropologique. Bref, un livre sur notre temps et, comme tel, un livre de réflexion.

Lauréate du prix Femina en 1990 pour son roman Nous sommes éternels, Pierrette Fleutiaux est l'auteur d'une œuvre de fiction de tout premier plan. Elle a publié des romans et des nouvelles chez Gallimard ainsi que, chez Actes Sud, Des phrases courtes, ma chérie (2001, Babel n° 583), Histoire du gouffre et de la lunette (Babel n° 597), Les Amants imparfaits (2005, Babel n° 787) et Les Etoiles à l'envers (photographies JS Cartier, 2006).
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Il y a trois ans, j’ai décidé, à la tête de la région Poitou-Charentes, d’engager une expérience de coopération

décentralisée à partir de nos savoir-faire communs avec le Tamil Nadu : pêche, agriculture, environnement. En effet, le tsunami qui a touché le sud-est asiatique a provoqué en France une vive émotion et une intense vague de solidarité. Dès le lendemain, les régions françaises étaient à la pointe des actions menées en matière d’aide d’urgence, de soutien à la reconstruction et au développement.

La Région Poitou-Charentes, parce qu’elle travaillait sur d’autres projets avec deux ONG (INDP et ORCADES) menant des actions dans le sud de l’Inde, a décidé de porter son effort de solidarité dans l’Etat du Tamil Nadu, situé sur la côte sud-est de l’Inde, et dont les deux villes les plus importantes sont Chennaï et Pondichéry.

Deux objectifs motivent mon déplacement sur place :

- évaluer l’efficacité des actions mises en œuvre depuis 3 ans ;

- continuer nos apprentissages réciproques : nous avons en effet donné, mais nous avons aussi beaucoup reçu ;

C’est ainsi que nous avons créé en Poitou-Charentes le micro crédit social universel : il permet à des personnes exclues des prêts bancaires de pouvoir emprunter pour un projet de vie, par exemple, la création de son entreprise, l’achat d’une voiture pour aller travailler, etc.

Nous avons à apprendre de l’Inde dans bien d’autres domaines ! Je serai ainsi particulièrement attentive à comprendre les ressorts de la réussite de ce pays, dans les secteurs de l’économie de la connaissance, des hautes technologies, de l’innovation, et des relations performantes entre entreprises et universités. J’essaierai aussi de comprendre pourquoi une partie si importante de la population indienne vit encore dans la pauvreté, sans profiter de ce dynamisme économique.

Le programme

Une première halte à Chennaï pour visiter une unité de WIPRO, une SS2I indienne de plus de 70 000 salariés, ingénieurs de très haut niveau pour la plupart. Puis Pondichéry qui fut française jusqu’en 1954 et qui compte encore près de 7 000 ressortissants français, dont une minorité seulement parle encore notre langue. C’est autour de Pondichéry que se concentrent beaucoup des actions menées par la Région Poitou-Charentes : plantations forestières aux endroits où les vagues du tsunami n’ont laissé pendant longtemps que du sel : dans quelques années, l’activité de coupe donnera des revenus aux habitants ; soutien à l’élevage caprin ; apprentissage du traitement des eaux usées ; développement du micro-crédit à destination particulièrement des femmes défavorisées.

A sa demande, je me rends spécialement à Delhi pour déjeuner avec le Premier ministre indien, Manmohan Singh, avec qui j’évoquerai les sujets de politique internationale, d’échanges éducatifs et universitaires (en 1998, j’étais à Delhi pour créer l’agence de mobilité internationale des étudiants, EduFrance, devenue depuis CampusFrance). J’aborderai aussi bien sûr la question d’Arcelor et de Gandrange. Une solution industrielle existe, défendue par les salariés. La fermeture du site est intolérable, à un moment où la demande d’acier est au plus haut, tout comme les profits de l’entreprise.

Une rencontre est également prévue avec le professeur Swaminathan, personnalité scientifique agronome de renommée mondiale, et père de la « révolution verte » en Inde. Je suis bien sûr en contact avec Sonia Gandhi, qui ne sera pas à Delhi ce jour là : nous sommes convenues de nous rencontrer prochainement.

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Vendredi 4 avril 2008



26 avril 2007 : le candidat Sarkozy estime que la présence à long terme des troupes françaises en Afghanistan n'est pas décisive. Il se déclare même prêt à poursuivre la politique de rapatriement de nos soldats, alors engagée par Jacques Chirac. 27 mars 2008, soit onze mois plus tard : en voyage officiel à Londres, Nicolas Sarkozy annonce l'envoi de 1 000 hommes supplémentaires à ceux qui sont déjà présents en Afghanistan.

Je me suis prononcée contre cette fuite en avant. Car les risques d'enlisement sont  trop forts ; car les objectifs n'en sont pas définis ; car on ne peut risquer la vie de nos soldats sans savoir quels sont les objectifs de leur mission ; car il faut en priorité donner au gouvernement d'Hamid Karzaï les moyens d'assurer la stabilité de l'Afghanistan.

Et puis Nicolas Sarkozy oublie sciemment qu'en 1991, François Mitterrand avait souhaité un vote du Parlement sur la présence des forces françaises en Irak… La réforme des institutions et le renforcement du rôle du Parlement promis par le candidat Sarkozy sont clairement jetés aux oubliettes.

Plus grave encore, lors du Sommet de Bucarest, Nicolas Sarkozy a fait prendre à la politique étrangère de la France un virage périlleux. En réintégrant le commandement militaire de l'OTAN, il prétend ainsi redéfinir notre rapport à l'Alliance atlantique et, en même temps, renforcer l'Europe de la défense.

Mais où est passé le « Livre blanc de la Défense », en préparation depuis plusieurs mois et qui devait être soumis au Parlement ? Personne ne l'a encore vu… et lorsqu'on débattra de ses orientations, il sera déjà trop tard. Car entre temps, c'est toute notre politique depuis 1966 qui aura été remise en cause.

Le degré de notre participation à l'Otan est une question fondamentale qui ne doit pas être taboue et dont nous pouvons tout à fait débattre. Mais la France a-t-elle intérêt à se ranger dans le camp atlantiste, sans garantie d'obtenir quelque chose en retour ? La France est-elle attendue et bienvenue dans un commandement militaire qui s'est fait sans nous depuis 42 ans ? Un retour actif à l'Otan permettra-t-il véritablement de renforcer la PESD ?

Sous couvert de préparer la présidence française de l'Union européenne et d'amorcer le développement de la défense commune, Nicolas Sarkozy ne vise, en réalité, qu'une chose : réintégrer pleinement l'OTAN pour inscrire sans réserve notre pays dans «  le camp occidental » et satisfaire son « obsession atlantiste », comme l'a formulé Jean-Marc Ayrault, le 1er avril à l'Assemblée nationale. Une option idéologique dangereuse, selon moi, à l'heure où certains poussent au conflit des civilisations. Et alors que les Etats-Unis ne semblent pas disposés, en matière de défense, à déléguer leur autorité. Ce faisant, Nicolas Sarkozy affaiblit la position européenne au sein de l'Otan.

L'intérêt et la sécurité de la France passent sans conteste par la mise en œuvre d'une vraie PESD, tout en continuant de travailler étroitement avec nos alliés. Au sein de l'Alliance, lourde et grosse machine, la France seule ne pourra jamais peser sur les orientations et les décisions stratégiques. Nous devons donc absolument profiter de notre autonomie pour rassembler nos partenaires européens autour d'une Europe de la défense cohérente et efficace, et avoir ensuite voix au chapitre au sein de l'Otan.  À nous aussi de faire preuve d'exemplarité dans notre engagement en Europe, afin de vaincre les réticences de nos partenaires.




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Dans un monde qui se transforme à vive allure et dans une France où même ceux qui se croyaient à l’abri sont en proie à l’inquiétude, les socialistes doivent répondre à de nouvelles questions. Aujourd’hui la précarité envahit tout, l’initiative économique est en panne, les inégalités n’ont jamais été aussi insolentes, l’incertitude pèse sur le rôle de la France dans le monde. Nous devons apporter la preuve de l’efficacité de l’action politique et la mettre au service de notre idéal commun. Nous lançons cette consultation participative dans la cohérence des valeurs bâties pendant la campagne présidentielle et dans la volonté de prolonger les voies tracées par les Forums de la rénovation du PS. Sachant que les questions bien posées permettent les réponses pertinentes, nous pensons utiles de prendre un temps pour bien formuler les questions à trancher (3), en s’appuyant sur les sources d’inquiétudes des Français (1) et sur nos valeurs (2). C’est pourquoi ce document propose, sur cette base, de lancer des discussions et de susciter des réactions : vous pouvez modifier ou compléter la formulation des thèmes qui vous sont proposés. Un site Internet sera spécialement ouvert pour cela. Ce questionnaire est une étape très importante pour structurer le travail de fond qui, enrichi par ces échanges, aboutira à une proposition prenant la forme d’une contribution au Congrès du PS. La consultation s’adresse aux militants du PS, en lien avec les sympathisants et les forces vives qui attendent beaucoup de nous face aux dégradations de toutes sortes commises par la droite. L’une des questions majeures autour de laquelle s’organise notre réflexion est la suivante : définir les droits et les devoirs des responsables politiques, de la société et des personnes, de telle sorte que la liberté de réussir sa vie ne soit pas le privilège de quelques uns mais l’ambition garantie à tous.


1) Les dix sources d’inquiétude des Français




1. un capitalisme qui perd la tête ;

2. la dégradation du niveau de vie ;

3. les fragmentations et le descenseur social à l’intérieur ; la perte de compétitivité de la France à l’extérieur ;

4. l’affaiblissement de la valeur travail et l’exagération de la valeur du capital ;

5. le trouble qui pèse sur l’identité française, secouée par les peurs de l’autre ;

6. le doute sur l’efficacité de l’Etat ;

7. le scepticisme sur la réalité de l’égalité des chances par l’école ;

8. l’Europe perçue comme indifférente au sort des citoyens ;

9. les désordres du monde et les interrogations sur la fin de l’hégémonie occidentale ;

10. une planète menacée d’autodestruction.



2) Les sept valeurs et objectifs qui nous guident

1. Le monde a changé. Le socialisme doit changer pour rester fidèle à sa mission.

2. Le bien-être de tous exige que l’économie de marché et la concurrence ne dictent pas leur loi désordonnée au service d’intérêts particuliers.

3. La volonté publique et l’Etat organisent la conciliation de l’intérêt général et des préoccupations des gens, notamment à travers les services publics.

4. La lutte contre toutes les formes d’injustices et de discrimination est au cœur du droit de chacun à la réussite individuelle.

5. Les socialistes doivent participer à la construction d’un ordre économique, social et écologique juste, au niveau mondial comme au niveau national.

6. Au niveau national comme au niveau local, le socialisme défend la complémentarité qui unit la démocratie représentative, la démocratie participative et la démocratie sociale.

7. La laïcité est le fondement de la République et de l’identité française, enrichie par le métissage.



3) Les dix questions à trancher

1. Il faut sortir du fossé entre un discours pseudo révolutionnaire dans l’opposition et un conformisme économique au pouvoir : de quelle façon ?

2. Le socialisme ne peut pas se contenter d’aménager le capitalisme financier à la marge : comment produire et répartir autrement la richesse ?

3. Que reprendre des modèles progressistes des autres pays et que rejeter ?

4. Il faut pousser l’agilité des entreprises, le goût du risque et l’esprit d’entreprendre, tout en améliorant la situation des salariés et leurs sécurités sociales. Avec quel compromis ?

5. Il faut rééquilibrer le rapport de force entre le travail et le capital par une meilleure répartition du profit. Quels contre-pouvoirs dans l’entreprise ?

6. Comment rompre avec la redistribution passive et bureaucratique comme principal moyen de s’attaquer aux injustices sociales ?

7. Comment améliorer le projet européen pour ne pas oublier les intérêts des peuples et des pays ?

8. Les peuples du Nord doivent être protégés de la concurrence internationale sans que les peuples du Sud ne soient victimes du protectionnisme. Avec quelles nouvelles règles ?

9. Les Etats et le marché doivent assurer la sauvegarde écologique de la planète : quel nouveau modèle de développement ?

10. Le Parti socialiste doit intégrer toutes les nouvelles formes de militantisme et d’engagement citoyen, ainsi que les réussites du travail des élus locaux. Il doit aussi décider efficacement, avec le sens de la discipline collective. Quelles nouvelles règles communes pour y parvenir sereinement ?
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